Le Journal des Débats, 15 janvier 1869 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU  15 JANVIER 1869.

REVUE MUSICALE.

Théâtre-Italien : PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite…, opéra en trois actes, musique de Mme GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, poëme de M. de Lauzières, d’après la comédie de M. Victorien SardouSardou, VictorienVictorien Sardou (Paris, 5 septembre 1831 – Paris, 8 novembre 1908), auteur dramatique. Il interrompit ses études de médecine par manque d’argent et, tout en donnant de leçons de français, de latin, d’histoire et de mathématiques, il se mit à écrire des pièces de théâtre. Ses débutsLire la suite…. — Théâtre-Lyrique. — Concerts populaires du Cirque. — Suite et FuguesHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite… pour le piano, par M. Alexis de Castillon. — Sonates pour piano et violon, par Joachim Raff.

 

Si c’est M. BagierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune considLire la suite… qui a voulu que l’auteur de la musique de PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite…, étant une femme, et une femme du meilleur monde, fût nommé, sur l’affiche du Théâtre-Italien, avant l’auteur des paroles, je lui en fais mon compliment bien sincère. On n’est pas plus galant. Le directeur de l’Opéra-Comique, lorsqu’il joua la PénitentePénitente, LaLa Pénitente, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri Meilhac et William Busnach mis en musique par la comtesse Clémence de Grandval et créé à l’Opéra-Comique le 13 mai 1868. A l’origine le titre du livret était Les Péchés du mari.Lire la suite…, dont la musique était aussi de Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, ne se laissa point aller à cet excès de courtoisie. La pensée lui en vint peut-être ; mais le respect de la tradition l’arrêta. Personne n’ignore que, suivant un usage fort ancien, le librettiste (rarement c’est un poëte) passe toujours sur l’affiche avant le compositeur. Cet usage est plus facile à expliquer qu’à justifier ; cependant il existe en Italie et en Allemagne, ou les poëmes s’achètent à bas prix, tout comme en France, où le librettiste et le musicien touchent des droits égaux. Si la question de préséance a partout été résolue en faveur du librettiste, c’est que le musicien qui veut écrire pour le théâtre une œuvre sérieuse ou burlesque a besoin, avant tout, d’un libretto. On cite des prix de Rome, dont les lauriers sont flétris aujourd’hui, qui ont vainement sollicité, pendant les plus belles années de leur vie, la collaboration des plus infimes paroliers. Cette difficulté d’obtenir un livret d’opéra est même pour beaucoup dans les ennuis et les désenchantemens de la carrière. On a tâché d’y remédier en instituant les concours. Il faut espérer que le remède ne sera pas pire que le mal. Nous entendrons bientôt monter vers le ciel des clameurs désolées ; le moment approche où les concurrens malheureux vont railler les vainqueurs et maudire les juges. Si tous ceux qui auront travaillé sans succès au FlorentinFlorentin, LeLe Florentin, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henry de Saint-Georges mis en musique par Charles Lenepveu et créé à l’Opéra-Comique de Paris le 25 février 1874.Lire la suite… ou à la Coupe du roi de ThuléCoupe du roi de Thulé, LaLa Coupe du roi de Thulé, opéra en trois actes sur un livret de Louis Gallet et Edouard Blau mis en musique par Eugene Diaz et créé à l’Opéra le 10 janvier 1873.Lire la suite… ne veulent pas avoir fait un travail tout à fait inutile ; s’ils ont sous la main quelques librettistes de bonne volonté ; si seulement ils sont doués des facultés poétiques qui permettent à M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite… et à M. Richard WagnerWagner, RichardRichard Wagner (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1843), compositeur. Il étudia la musique tout d’abord en autodidacte puis, à partir de 1831, à l’université de Leipzig avec C. T. Weinlig. Chef des chœurs à Wurtzbourg en 1831, il devint directeur musical à Magdebourg de 1834 àLire la suite… d’écrire eux-mêmes les poëmes de leurs opéras, ils auront bien vite réparé, en grande partie du moins, l’injustice du sort. ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite… avait proposé à MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… de faire un opéra avec les morceaux retranchés des partitions de Robert et des HuguenotsHuguenots, LesLes Huguenots, opéra en cinq actes sur un livret d’Eugene Scribe et  Emile Deschamps, mis en musique par Giacomo Meyerbeer, créé à l’Opéra de Paris le 29 février 1836.Lire la suite…. Trouver un sujet nouveau et adapter des paroles nouvelles sur la musique du maître, c’était pour l’habile librettiste un jeu d’enfant. MeyerbeerMeyerbeer, GiacomoJakob Liebmann Meyer Beer dit Giacomo Meyerbeer (Vogelsdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864), compositeur. Il étudia la composition avec Zelter puis l’abbé Vogler et le piano avec Franz Lauska. Bien que considéré par Moscheles comme un des plus grands pianistes de son temps, Meyerbeer abLire la suite… refusa. Mais tous les musiciens ne se souciant pas au même degré de la vérité dramatique et de la couleur locale, pour peu qu’une centaine de compositeurs ayant pris part au concours de l’Opéra et de l’Opéra-Comique puissent mettre à profit l’idée de ScribeScribe, Augustin-EugèneAugustin-Eugène Scribe (Paris, 24 décembre 1791 – Paris, 20 février 1861), auteur dramatique, librettiste. Auteur dramatique le plus joué à la Comédie Française en son temps (Bertrand et Raton en 1833, La Camaraderie en 1837, Une Chaîne en 1841), il fut un écrivain prolixe qui écrivit 425 Lire la suite…, cela jettera dans la circulation une centaine de partitions de plus. Et l’on peut s’imaginer quel carillon retentira alors à la porte de nos théâtres lyriques, déjà encombrés de chefs-d’œuvre. Arrêtons ici nos réflexions ; il ne faut pas que des préliminaires trop longuement développés fassent croire que nous éprouvons quelque hésitation à parler de l’œuvre de Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite… et à raconter le succès qu’elle a obtenu.

Ce succès était nécessaire à la prospérité et à la gloire du Théâtre-Italien, fortement atteintes par la représentation de la Serva padronaServa PadronaLa Serva padrona, opera buffa en deux actes sur un livret de Gennaro Antonio Federico mis en musique par Giovanni Battista Pergolesi créé au Théâtre San Bartolomeo de Naples en 28 août 1733.Lire la suite… et le début de Mlle Minnie Hauck, début annoncé par des réclames à l’américaine, qui ont fait le plus grand tort à la jeune et charmante artiste.

Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite… est élève de M. de FlotowFlotow, Friedrich vonFriedrich Adolf Ferdinand Freiherr von Flotow (Toitendorf/ Mecklembourg-Schwerin, 27 avril 1812 – Darmstadt, 24 janvier 1883), compositeur. Fils d’une des plus vieilles familles nobles du Mecklembourg, il fut envoyé à Paris en 1828 pour étudier avec Anton Reicha et Johann Peter Pixis. Ses preLire la suite…, chambellan et directeur de la musique du grand-duc de Mecklembourg. L’auteur de Martha et de l’Ame en peine lui a enseigné l’art de mélanger les styles particuliers aux trois écoles, allemande, française et italienne, un art dont il n’est pas seul à avoir le secret. Mais il est juste de reconnaître que l’auteur de PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite…, tout en faisant preuve d’éclectisme, n’a point négligé, dans chacune de ses œuvres, de donner un relief suffisant à sa personnalité.

On ne peut refuser à Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite… d’être une excellente musicienne et une musicienne bien douée. Cela se disait à une époque où elle ne recherchait que les succès de salon ; on le dit encore aujourd’hui où, plus ambitieuse, elle veut se faire une place à l’église et au théâtre. J’ai parlé ici même de la MesseMesseMesse pour soli, chœur et orchestre de la vicomtesse Marie de Grandval créée à l’église Saint-Eustache de Paris le 27 janvier 1867.Lire la suite… de Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, et j’en ai signalé les pages les plus remarquables ; quelque temps après, en souvenir de l’impression que j’avais ressentie à l’audition de cette messeMesseMesse pour soli, chœur et orchestre de la vicomtesse Marie de Grandval créée à l’église Saint-Eustache de Paris le 27 janvier 1867.Lire la suite…, j’exprimais dans des termes élogieux mon sentiment sur la PénitentePénitente, LaLa Pénitente, opéra-comique en un acte sur un livret de Henri Meilhac et William Busnach mis en musique par la comtesse Clémence de Grandval et créé à l’Opéra-Comique le 13 mai 1868. A l’origine le titre du livret était Les Péchés du mari.Lire la suite…, œuvre légère, mais spirituellement écrite, qui n’a pas fait un assez long séjour sur l’affiche de l’Opéra-Comique. Si l’autre soir, en entendant la paraphrase du Gloria in excelsis Deo qui termine le premier acte de PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite…, le boléro et le chœur en mouvement de valse chantés à l’acte suivant, j’ai songé à la MesseMesseMesse pour soli, chœur et orchestre de la vicomtesse Marie de Grandval créée à l’église Saint-Eustache de Paris le 27 janvier 1867.Lire la suite… et à l’opérette comme ont dû y songer les spectateurs familiarisés avec les productions de Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, ce n’est point une raison pour revenir, à propos de l’ouvrage nouveau, sur des œuvres connues et appréciées. Il me suffira d’avoir constaté, en manière d’éloge, que l’auteur de PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite… n’est pas de ces musiciens dont on perd la trace, et qui se croient obligés de changer de physionomie à chaque composition nouvelle. Je crains cependant que Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite… n’ait trop cédé au désir d’affirmer la virilité de son talent, en donnant à son instrumentation une vigueur qui, même au Théâtre-Italien, m’a semblé exagérée. A-t-elle voulu seulement se faire pardonner sa prédilection pour le hautbois en abusant un peu du trombone ? Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite… sait aussi bien qu’aucun musicien de profession tout le parti qu’on peut tirer de certaines oppositions de timbres ; mais les grands maîtres qu’elle a étudiés ont dû lui apprendre en même temps les inconvénients et le danger des sonorités excessives. On a reproché à l’auteur de PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite… d’avoir placé un boléro accompagné par des castagnettes dans un ouvrage dont l’action se passe en Italie. Cela peut blesser les dilettantes qui ont le sentiment de la couleur locale ; mais Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite… est bien excusable de s’être permis au Théâtre-Italien une licence qu’elle n’aurait certainement pas osé se permettre au Théâtre-Lyrique ou à l’Opéra. Quant aux réminiscences dont quelques confrères peu charitables, et qui ne sont pas eux-mêmes sans péchés, s’entretenaient au foyer pendant les entr’actes, je dois supposer qu’elles sont involontaires, et, dans ce cas, il ne me paraît pas nécessaire d’en faire l’objet d’une critique sérieuse. Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite… doit pourtant s’être aperçue déjà qu’en analysant son œuvre, mon intention n’est pas de me placer uniquement sur le terrain de la galanterie. L’œuvre et le compositeur méritent bien qu’on les loue avec discernement, et qu’on les discute avec sincérité.

PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite… n’a pas d’ouverture. Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, imitant l’exemple que d’illustres musiciens contemporains lui ont donné, s’est contentée d’écrire, en manière de préface, une courte introduction dans laquelle sont habilement enchaînés deux des principaux motifs de l’ouvrage : la chanson de Piccolino et la valse du second acte. Le chœur chanté autour de l’arbre de Noël est charmant, bien rythmé et rempli de jolis détails ; Marta pleure l’absence du bien-aimé dans un cantabile qui forme contraste avec le joyeux refrain du chœur ; la strette qui suit est beaucoup plus distinguée que ne l’est ordinairement une strette italienne. La voix de Federico s’est fait entendre dans la coulisse ; le duo entre les deux amants renferme une phrase exquise :

Ah! tu non sai qual m’agita,

Crudel presentimento !

Ce morceau est remarquable par la vérité du sentiment dramatique, l’élégance et le charme de l’accompagnement. Peut-être ne finit-il pas aussi bien qu’il a commencé ; mais n’importe, je n’hésite pas à le noter comme une des meilleures pages de la partition. Il y a plus de verve que d’invention dans l’air de Musarino :

PrestoBrasseur de Preston, LeLe Brasseur de Preston, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe de Leuven et de Léon Brunswick, mis en musique par Adolphe Adam, créé à l’Opéra-Comique le 31 octobre 1838.Lire la suite…, presto al menestrello

Al giultare, al pifferraro,

et je n’aime pas beaucoup, bien qu’il ait été fort applaudi, l’andante du duo entre Marta et le pasteur Tidmann. Une mélodie, quelle qu’en soit la forme, est toujours déparée par une cadence vulgaire, et malheureusement on n’est pas plus de cet avis-là au Théâtre-Italien qu’ailleurs. La seconde partie de ce duo m’a semblé mieux réussie que la première ; les voix s’y unissent dans un ensemble à la fois pathétique et plein de mouvement.

Nous voici maintenant au final du premier acte, qui est peut-être le point culminant de l’ouvrage. Marta émue et troublée par les accents religieux du Gloria, a suspendu les apprêts de son départ et invoque à genoux la protection de Dieu :

Tu mi consiglia, o Dio !

Puis comme si un rayon descendu d’en haut venait d’éclairer son âme, elle reprend avec le chœur l’hymne sainte, et jetant un regard de poignante douleur dans sa chambre de jeune fille, elle s’éloigne rapidement. Je ne fais qu’esquisser cette scène qui est très dramatique, et que le compositeur a rendue avec un talent tout à fait magistral. Le thème principal a beaucoup de grandeur ; la phrase est savamment développée ; l’instrumentation est écrite d’une main habile : c’est un beau final.

Je glisserai plus rapidement sur le second acte, l’acte du Brindisi :

Viva di Tivoli

L’alma campagna,

et (malheureusement) l’acte du boléro. Le duo entre Elena et Federico, dont l’accompagnement renferme de jolis détails, la chanson de Piccolino :

Sullo stel

Una rosa

Ne1 ruscel

Si mirò.

et la romance du ténor méritent d’être cités. C’est dans cet acte que Marta, sous les habits de Piccolino, entre en scène portant sur sa tête une planche chargée de statuettes en plâtre. Je n’ai pas besoin de dire que ces petits bonshommes, que l’on jette fort irrévérencieusement au fond d’un puits, ne représentent aucun personnage connu et font partie des accessoires du théâtre.

De savans musiciens prétendent que le troisième acte est le meilleur ; tout le monde ne peut pas être de cet avis, car bien des gens sont partis avant la fin. Décidément les habitudes aristocratiques, et même les habitudes de simple politesse, se perdent de jour en jour davantage au Théâtre-Italien.

« Au lever du rideau, dit le livret, les amis de Federico, avec des paniers remplis de dragées, de grains et de petits bouquets de fleurs, mitraillent les masques que l’on suppose passer au dehors, le long du Corso.» J’en demande bien pardon à Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, mais involontairement cette scène m’a fait songer à l’ouverture du Carnaval romainOuverture « Le Carnaval Romain »;Ouverture « Le Carnaval romain », ouverture caractéristique pour orchestre de Hector Berlioz créée à la salle Herz de Paris le 3 février 1844.Lire la suite… et à Benvenuto CelliniBenvenuto CelliniBenvenuto Cellini, opéra en deux actes sur un livret de Léon Wailly et Auguste Barbier mis en musique par Hector Berlioz et créé à l’Opéra de Paris le 10 septembre 1838.Lire la suite…. Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, ayant du goût pour les belles choses et les connaissant bien, a dû y songer aussi ; mais il ne faut pas conclure de là que l’auteur de PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite… a imité M. Hector BerliozBerlioz, Louis-HectorLouis-Hector Berlioz (La Côte Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Lesueur et obtint le 1er Prix de Rome en 1830. La même année, il composa sa Symphonie fantastique. De retour de Rome, il composa Lelio ou le Retour à la vLire la suite…. D’ailleurs, la scène qui se passe dans l’atelier du peintre Federico est un simple épisode qui se borne à un chœur assez entraînant de rythme et à une chanson de baryton un peu longue. La petite marche des masques est jolie et finement orchestrée ; j’aime moins la ballade chantée par Piccolino. Le trio du défi peut être loué presque sans réserve : c’est un morceau d’une excellente facture, bien dialogué, et terminé par une strette brillante et très dramatique.

Après un duo pour contralto et soprano vient le duo final chanté par Federico et Marta qui a repris les vêtements de son sexe. Ce second duo a de la passion et renferme surtout une belle phrase : Crudele ! perdonna all’infedele ; le motif de la chanson de Marta au deuxième acte y est heureusement rappelé dès le début.

M. Victorien SardouSardou, VictorienVictorien Sardou (Paris, 5 septembre 1831 – Paris, 8 novembre 1908), auteur dramatique. Il interrompit ses études de médecine par manque d’argent et, tout en donnant de leçons de français, de latin, d’histoire et de mathématiques, il se mit à écrire des pièces de théâtre. Ses débutsLire la suite… n’a pas dû être mécontent de la traduction de M. Achille de Lauzières, écrivain distingué, poëte auquel il faut accorder un très grand sentiment musical, et qui a su faire un bon libretto d’opéra avec une charmante comédie. L’exécution de PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite… n’est pas irréprochable, mais Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite… ne pouvait guère espérer mieux, M. BagierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune considLire la suite… lui ayant donné, à part M. Palermi et Mlle RoselloRosello, PatriciaPatricia Rosello ( ? – ?), contralto. Cantatrice espagnole, elle se produisit au Théâtre-Italien de Paris de 1866 à 1867.Lire la suite…, l’élite de sa troupe. Mlle KraussKrauss, GabrielleGabrielle Krauss (Vienne, 24 mars 1842 – Paris, 6 janvier 1906), soprano. En 1853, elle entra au Conservatoire de Vienne pour étudier le piano, l’harmonie et les langues étrangères avant d’étudier le chant avec Mathilde Marchesi 1858. Elle obtint un 1er prix de piano, de chant et d’harmoLire la suite…, dans le double rôle de Marta et de Piccolino, a montré, comme toujours, un admirable talent de tragédienne ; sa voix a le privilège d’émouvoir profondément ceux qui préfèrent la belle déclamation lyrique aux exercices de virtuosité. Aussi je ne m’explique pas pourquoi Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite… a écrit pour cette grande artiste les vocalises qui au second acte annoncent l’entrée de Piccolino.

Mme de GrandvalGrandval, Marie-Félicie-Clémence deMarie-Félicie-Clémence de Grandval née de Reiset (Saint-Rémy-des-Monts/Sarthe, 21 janvier 1830 – Paris, 15 janvier 1907), compositeur. Elle étudia auprès de Friedrich von Flotow et de Camille Saint-Saëns, avant de composer des ouvrages pour la scène, notamment Le Sou de Lise (Bouffes-ParisiLire la suite…, après le succès qu’elle vient d’obtenir, peut aller s’inscrire chez M. le directeur de l’Opéra, à la suite de ceux qui sollicitent l’honneur d’être représentés sur notre première scène lyrique. Et je ne serais même point surpris qu’on lui accordât un tour de faveur. Certes, s’il y avait à Paris beaucoup d’amateurs (je souligne le mot avec intention) capables d’écrire une partition comme celle de PiccolinoPiccolinoPiccolino, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Achille de Lauzières, d’après Victorien Sardou, mis en musique par Clémence de Grandval et créé au Théâtre-Italien de Paris le 22 décembre 1868.Lire la suite…, les artistes ou, pour mieux dire, les gens du métier n’auraient plus qu’à plier leur tente et à s’en aller jouer du chalumeau dans le grand-duché de Gerolstein ou dans l’île de Tulipatan.

M. Alexis de Castillon, lui aussi, est un amateur ; mais on ne s’en douterait guère en lisant la Suite (canon, scherzo, thème et variations, gavotte, marche) et les huit Fugues pour piano qu’il vient de publier chez l’éditeur Hartmann. Ces huit fugues, dans le style libre, sont écrites de main de maître, et, comme dans les morceaux qui forment le premier recueil, ou y trouve assez de science et assez d’originalité pour établir la bonne renommée d’un artiste.

A propos des Fugues et de la Suite de M. de Castillon, je veux dire un mot des sonates de M. Joachim Raff, un des premiers parmi les jeunes maîtres de la nouvelle école allemande. Si je recommande ces sonates aux artistes qui ont la spécialité de la musique de chambre, ces messieurs me répondront sans doute qu’ils les connaissent ; mais s’ils les connaissent, pourquoi ne les jouent-ils pas ? Je les ai entendu exécuter dernièrement dans une soirée intime par le célèbre violoniste LéonardLeonard, HubertVioloniste, pédagogue et compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris avec François-Antoine Habeneck tout en travaillant comme violoniste à l’orchestre du Théâtre des Variétés puis à celui de l’Opéra-Comique et de l’Opéra. Violon solo des concerts Vivienne, il fit des tournée dLire la suite… et M. Charles de BériotBériot, Charles Auguste deCharles-Auguste de Bériot (Louvain, 20 février 1802 – Bruxelles, 8 avril 1870), violoniste et compositeur. Il étudia avec André Robberechts et, sur les conseils de Viotti, suivit pendant quelques mois la classe de Baillot au Conservatoire de Paris. Son jeu avait une grande justesse d’intonatioLire la suite… fils, et j’ai été plus convaincu que jamais que, pour l’interprétation des belles œuvres, il fallait absolument des artistes capables de les bien exécuter, et surtout de les bien comprendre.

Depuis sa réouverture, le Théâtre-Lyrique a joué les ouvrages suivants : Le Val d’AndorreVal d’Andorre, LeLe Val d’Andorre, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges mis en musique par Fromentin Halévy et créé à l’Opéra-Comique le 21 novembre 1848.Lire la suite…, le Barbier de SévilleBarbier de Séville, LeIl Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), opera buffa en 2 actes sur un livret de Cesare Sterbini, d’après Beaumarchais, mis en musique par Gioachino Rossini créé au Teatro Argentina à Rome le 20 février 1816. L’œuvre fut donnée à Paris pour la première fois au Théâtre-ItalienLire la suite…, Iphigénie en TaurideIphigénie en TaurideIphigénie en Tauride, tragédie lyrique en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Gaillard mis en musique par Christoph Willibald Gluck et créé à l’Opéra de Paris le 18 mai 1778.Lire la suite…, le Maître de chapelleMaitre de chapelle, LeLe Maitre de chapelle, opéra-comique en deux actes sur un livret de Sophie Gay mis en musique par Ferdinando Paër et créé à l’Opéra-Comique le 29 mars 1821.Lire la suite…, le Brasseur de PrestonBrasseur de Preston, LeLe Brasseur de Preston, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Adolphe de Leuven et de Léon Brunswick, mis en musique par Adolphe Adam, créé à l’Opéra-Comique le 31 octobre 1838.Lire la suite…, RigolettoRigolettoRigoletto, opéra en trois actes sur un livret en italien de Francesco Maria Piave, d’après Le Roi s’amuse de Victor Hugo, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 11 mars 1851.Lire la suite…, et il annonce une prochaine reprise de la FiancéeFiancée, LaLa Fiancée, opéra-comique en trois actes sur un livret d’Eugène Scribe mis en musique par Daniel-François-Esprit Auber et créé à l’Opéra-Comique le 10 janvier 1829.Lire la suite…. Le Théâtre-Lyrique aurait dû, en changeant de direction, changer aussi d’enseigne, et s’appeler le théâtre des Nouveautés. Je ne voudrais pas que cette plaisanterie chagrinât M. Pasdeloup Pasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite…; mais ne lui semble-t-il pas qu’il serait temps de revenir de son excursion dans le vieux répertoire ?

Le succès du dernier Concert populaire a été pour la marche religieuse de Lohengrin. Tout le monde ayant applaudi, personne n’a sifflé, et, quand on a demandé bis, il n’y a eu ni protestations ni conflit. M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… a, d’une main ferme, repris son archet et n’a pas fait de discours. Cette marche religieuse, qui, au Cirque, est exécutée seulement par l’orchestre, est un magnifique morceau d’ensemble dans lequel les voix jouent un rôle fort important ; mais ce n’est que dans les occasions solennelles que M. PasdeloupPasdeloup, Jules-EtienneJules-Étienne Pasdeloup (Paris, 15 septembre 1819 – Fontainebleau, 13 août 1887), pianiste et chef d’orchestre. Il étudia au Conservatoire de Paris où il obtint les premiers prix de solfège en 1832 et de piano en 1834. En 1841, il devint répétiteur de solfège au Conservatoire, puis répLire la suite… adjoint à son armée d’instrumentistes des soli et des chœurs. Eh bien ! que l’on juge, par l’effet produit au concert, de l’effet qu’elle doit produire au théâtre. La société du Conservatoire, qui pourrait nous donner cette belle page dans toute sa splendeur, dans toute la richesse de ses sonorités et de ses accouplemens de timbres, ne l’a pas encore inscrite sur son programme : il paraît que les membres les plus … influents du comité s’y opposent. Un très beau concerto d’Henry LitolffLitolff, HenriHenry Charles Litolff (Londres, 6 février 1818 – Bois-Colombes, 6 août 1891), pianiste et compositeur. Après des études de piano avec Ignaz Moscheles entre 1830 et 1835, il voyagea en Europe (Paris, Bruxelles, Varsovie, Dresde, Leipzig et Berlin). En 1849, il devint citoyen de Brunswick et épLire la suite… a aussi été exécuté à l’avant-dernier concert du Cirque, et on l’a chaleureusement accueilli. C’est M. RitterRitter, ThéodoreToussaint Prévost [Prévost-Ritter], dit Théodore Ritter (Nantes, 5 avril 1840 – Paris, 6 avril 1886), pianiste et compositeur. Il fut l’unique élève de Berlioz, qui lui confia la réduction pour piano de L’Enfance du Christ et de Romeo et Juliette. Il excellait dans l’interprétation deLire la suite… qui tenait la partie de piano ; je n’ai plus à faire l’éloge de cet incomparable artiste.

E. REYER.