Le Journal des Débats, 6 janvier 1868 (article signé E. Reyer).

FEUILLETON DU JOURNAL DES DEBATS

DU  6 JANVIER 1868.

THÉÂTRE-LYRIQUE : La Jolie Fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite…, opéra en quatre actes et cinq tableaux, paroles de MM. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite… et Jules AdenisAdenis-Colombeau, Jules dit Jules AdenisJules Adenis-Colombeau dit Jules Adenis (Paris, 28 juin 1821 – Paris, 7 février 1900), journaliste, librettiste et auteur dramatique. Il étudia au Collège royal de Bourbon puis fut engagé comme employé de la manufacture de Saint-Gobain tout en s’essayant au journalisme, de 1847 à 1849, danLire la suite…, musique de M. Georges Bizet. —  THÉÂTRE-ITALIEN.

Je vais d’abord analyser la pièce :

Au premier acte, Henry Smith est dans sa forge, entouré de ses compagnons ; ceux-ci chantent les plaisirs du joyeux carnaval « qui s’apprête », tandis que le gouchrom, le forgeron aux jambes torses, songe à Catherine, la fille de Simon Glover, le plus riche gantier de Perth.

Hélas ! quand viendra le jour,

O ma charmante Catherine,

Où tu seras ma Valentine ?…

« Le 14 février, jour de Saint-Valentin, chaque oiseau, disent les Anglais, choisit sa  compagne de nichée pour le reste de l’an. D’après un usage immémorial qui remonte aux superstitions païennes, le premier homme qu’une jeune fille voit ce jour-là doit être son ami au moins pour douze mois et s’appelle son Valentin. Depuis la Réforme, saint Valentin a conservé encore le privilège de représenter le Cupidon païen. »

Un grand tumulte s’entend au dehors, dans le quartier du Wynd, et Mab, la bohémienne, entre tout effarée dans la boutique d’Henry, à qui elle vient demander de la protéger contre les poursuites insolentes des seigneurs de la cour. Le vaillant armurier menace de son lourd marteau le premier qui osera franchir le seuil de sa demeure ; le tumulte s’apaise. A la voix de Simon Glover, qui vient rendre visite à son futur gendre, Henry n’a que le temps de pousser la bohémienne dans sa chambre à coucher, et le vieux gantier paraît accompagné de sa fille et suivi de son apprenti Ralph, auquel il n’était guère possible de conserver le nom peu musical qu’il porte dans le roman de Walter Scott. Après une scène où se dessine la bonhomie de Simon Glover et l’humeur jalouse de Ralph, Henry reste seul avec Catherine :

A celle que mon cœur adore,

Ah ! laissez-moi redire encore

Et mes transports et mon amour.

Le duo des deux amans est interrompu par l’arrivée de Robin, duc de Rothsay, qui, sur l’affiche, s’appelle simplement le duc ; il a suivi les pas de la belle Catherine, et comme Sa Grâce n’est pas indifférente aux charmes de la jolie fille de Perth, le prétexte de faire redresser la lame de son poignard lui semble excellent pour s’introduire chez l’armurier. Alors, pendant qu’Henry Smith bat le fer sur l’enclume, Catherine écoute très complaisamment les galans propos du prince ; et le marteau du forgeron rhythme cette scène de marivaudage, dont la vraisemblance n’est pas le principal mérite ; mais elle prépare un dénoûment qui serait des plus tragiques, si la bohémienne, sortant brusquement de sa cachette, n’arrêtait le bras d’Henry, prêt à frapper le séducteur. Simon Glover apporte des flacons de vin vieux, et chante, avec la gaîté de Falstaff, des couplets en l’honneur d’un bon roi

Qui, de Bacchus, suivait la loi ;

Mab explique à Catherine, qui franchement n’a guère le droit d’être jalouse, sa présence chez Henry Smith, le duc s’éloigne après avoir dit au gantier qu’il lui donnerait audience le lendemain dans son palais, et la table étant dressée, l’acte finit au moment où le repas commence.

A l’acte suivant, des soldats munis de lanternes, coiffés de casques empanachés, vêtus d’armures et de hauberts, traînant de lourdes claymores et la dague au poing, parcourent les rues de Perth : c’est une patrouille de bourgeois dont Simon Glover est le chef, et qui, au moindre bruit, se serrent les uns contre les autres, transis de peur. Les évolutions de ces héros de boutique sont fort drôles : un homme passe ; le groupe se disperse, et, comme des feux follets, les lanternes s’agitent au fond du théâtre et disparaissent : la ville est bien gardée.

Alors une troupe de gens déguisés et masqués fait irruption sur le théâtre, bientôt suivie par la bande des tziganes ; tout ce monde se trémousse, gambade et tourbillonne autour du char où se dresse dans un costume pittoresque et étincelant le roi de la Cabriole, prince des Sombres-Heures. C’est le duc lui-même ; il a conduit son joyeux cortége près de la demeure de Catherine, et ordonne à Mab la bohémienne de lui amener le soir même dans son palais la fille de Simon Glover :

Ah ! faut-il que le vin ait troublé sa raison

Pour me charger d’un tel message !…

Aux folies carnavalesques succède, dans une gamme plus tendre, la sérénade que vient chanter Henry Smith sous la fenêtre de sa bien-aimée ; mais la fenêtre ne s’ouvre pas à la voix du pauvre amoureux. Un autre arrive qui prends sa place et n’est pas plus heureux que lui. Celui-là du moins a cherché dans l’ivresse l’oubli de ses peines, et, sa chanson finie, il se laisse choir et s’endort la tête appuyée sur la borne du coin. Des gens qui portent une litière réveillent le dormeur : « Holà ! Ralph ! indiquez-nous la maison de Catherine Glover.» Au même instant, une femme voilée se présente et monte dans la litière aux armes du duc. A travers les vapeurs qui obscurcissent son esprit, Ralph a entendu prononcer le nom de Catherine, peu à peu il se souvient comme on se souvient d’un mauvais rêve, et cet éclair de raison lui suffît pour comprendre à quel danger est exposée celle qu’il aime. La boutique de Smith est là, à deux pas de lui ; il frappe, la porte s’ouvre : « Courez, Henry, courez ; on vient d’enlever la fille de mon maître. » Puis, subjugué de nouveau par l’ivresse, il tombe et se rendort. Mais n’est-ce pas Catherine qui chante à sa fenêtre ? Nous allons donc voir, au troisième acte de la Jolie fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite…, Mab, la bohémienne, jouer auprès du duc, par une fantaisie de M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, le rôle de Mme Prie auprès de Richelieu dans Mlle de Belle-Isle.

Il y aura cependant, disons-le bien vite pour que chacun se rassure, certaines atténuations apportées à une situation qui n’a par elle-même rien de très musical. Et tandis que tout est fête et joie dans le palais du duc, celui-ci raconte sa bonne fortune à quelques jeunes seigneurs de son entourage :

Elle sortait de sa demeure,

Et je suivis son pas léger

Avec l’espoir d’apprendre l’heure

Du berger !…

La femme masquée que nous venons de voir monter en litière, à l’acte précédent, entre chez le duc, qu’elle paraît surprise de trouver en si nombreuse compagnie. L’heure du berger a sonné, et très discrètement les courtisans se retirent. Mais, avant de démasquer ses traits, Mab prend une précaution qui n’est pas tout à fait inutile pour prolonger l’erreur du duc de Rothsay : elle éteint la lumière, et c’est au milieu d’une profonde obscurité que Monseigneur presse de ses plus vives instances celle qu’il croit être Catherine. Un orchestre de danse placé dans la coulisse accompagne cette scène amoureuse qui finit trop tôt ; Mab, toujours à la faveur de l’obscurité, disparaît comme un sylphe, ne laissant entre les mains du duc qu’une fleur émaillée qu’elle portait à son corsage. Nous voici maintenant au point culminant du drame. Simon Glover, donnant le bras à sa fille, vient annoncer au duc de Rothsay le mariage de Catherine avec Henry Smith :

Puis-je espérer que Monseigneur

Daignera nous faire l’honneur

D’assister à l’hymen ?

Mais Henry, caché depuis quelques instans derrière une tapisserie, s’avance tout à coup, frémissant de colère, et déclare devant tous que, comme il ne croit plus à la vertu de Catherine, il refuse d’accepter sa main ; puis, touché par les larmes et les supplications de la jeune fille, il semble revenir à des sentimens plus doux, lorsque la vue de la fleur émaillée qui, orne le pourpoint du duc ravive ses injurieux soupçons. Ce bijou, qu’il avait donné à Catherine, il ne sait pas qu’au premier acte, Catherine, dans un accès de jalousie, l’ayant jeté aux pieds de la petite bohémienne, Mab l’avait ramassé.

Autant je vous aimais,

Autant je vous méprise, infâme, et je vous hais !…

Tel est le dernier mot d’Henry Smith à Catherine Glover.

Au quatrième acte, Ralph, complètement dégrisé, s’est fait le champion de Catherine et défie Henry Smith au combat. Mais la jolie fille de Perth, qui ne croit peut-être pas à l’infaillibilité du jugement de Dieu, et qui, d’ailleurs, veut épargner les jours de celui qu’elle aime, tente une nouvelle démarche auprès d’Henry et lui explique par quelle série de quiproquos, par quel concours de fâcheuses circonstances il a été abusé. Au moment où Henry sent son cœur fléchir devant tant d’infortune et de candeur, ses amis viennent le prévenir qu’au rendez-vous d’honneur on n’attend plus que lui. L’armurier jure de se faire tuer et sort en laissant Catherine évanouie.

Cet évanouissement est, pour la fille de Simon Glover, le prélude de la folie, et quand au tableau suivant Mab vient annoncer au gantier que le duc de Rothsay, prévenu par elle, a empêché le combat et proclamé l’innocence de Catherine, le malheureux père ne peut que répondre d’une voix brisée par la douleur : Il est trop tard. Cependant les jeunes gens et les jeunes filles, assemblés devant la demeure de Catherine, fêtent la Saint-Valentin ; Henry Smith chante le refrain d’une sérénade chère au cœur de sa fiancée, et, à l’aide d’un de ces moyens dont les dramaturges usent avec beaucoup plus de succès que les aliénistes, un effet de mirage qui rappelle à la fois le dénoûment de l’Etoile du Nord et celui du Pardon de Ploërmel, Catherine recouvre la raison.

Je devais à M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, particulièrement, d’analyser ce livret avec un soin minutieux, et je ne crois pas qu’aucun détail important m’ait échappé. C’est une besogne bien rude que de suivre en même temps, à travers les caprices de leur imagination le poëte et le musicien, et de faire à chacun une part égale dans les souvenirs que leur œuvre vous a laissés ; aussi je voudrais que l’usage fût généralement adopté d’offrir à la critique, le soir de la première représentation d’une pièce lyrique, un exemplaire du livret : ce serait peut-être trop exiger que de réclamer aussi la partition. Pour les ballets, cela se fait généralement ainsi, les auteurs du scénario sachant bien toutes les difficultés que l’on éprouve à comprendre une littérature qui n’est indiquée que par des gestes. Si je demande que  le même usage soit suivi quand il s’agit d’un opéra, c’est que certains livrets sont tout aussi difficiles à comprendre que la plupart des scénarios de ballets, et cela tient surtout à ce que les cantatrices, plus encore que les chanteurs, ne prononcent pas toujours d’une façon bien nette ; quelques unes même ont une articulation tellement défectueuse, que lorsqu’elles chantent c’est absolument comme si elles dansaient.

J’ai donc écouté avec une attention soutenue le poëme de MM. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite… et AdenisAdenis-Colombeau, Jules dit Jules AdenisJules Adenis-Colombeau dit Jules Adenis (Paris, 28 juin 1821 – Paris, 7 février 1900), journaliste, librettiste et auteur dramatique. Il étudia au Collège royal de Bourbon puis fut engagé comme employé de la manufacture de Saint-Gobain tout en s’essayant au journalisme, de 1847 à 1849, danLire la suite…, et je crois que le lecteur, après avoir lu mon analyse, sera aussi convaincu que moi qu’il y a fort peu d’analogie entre le libretto de la Jolie fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite… et le roman de Walter Scott. On dirait même qu’en choisissant ce titre de préférence à tout autre, les auteurs n’ont eut d’autre pensée que de placer leur œuvre sous le patronage du célèbre romancier écossais. C’est trop de modestie on vérité. S’il y a dans le libretto de la Jolie Fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite… des situations très dramatiques, beaucoup de passion, un peu de poésie, de la variété et du mouvement, je pense donc qu’il n’est que juste de laisser aux auteurs du livret le mérite de toutes ces qualités, et de leur accorder en outre le mérite de l’invention. MM. AdenisAdenis-Colombeau, Jules dit Jules AdenisJules Adenis-Colombeau dit Jules Adenis (Paris, 28 juin 1821 – Paris, 7 février 1900), journaliste, librettiste et auteur dramatique. Il étudia au Collège royal de Bourbon puis fut engagé comme employé de la manufacture de Saint-Gobain tout en s’essayant au journalisme, de 1847 à 1849, danLire la suite… et de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, ont à peine effleuré du bout de leur plume le roman populaire que nous avons tous lu et que nous relirons encore. Et si quelque librettiste veut donner à un musicien, amoureux de la couleur écossaise, l’occasion de s’inspirer de ces scènes émouvantes que Walter Scott a si admirablement décrites, et dont quelques unes sont encadrées dans les paysages les plus pittoresques, il le peut sans le moindre inconvénient. Je m’empresse d’en informer M. Léon PilletPillet, LeonLéon Pillet (Paris, 6 decembre 1803 – Venise, 20 mars 1868), journaliste, directeur. Il fit des études de droit puis se tourna vers le journalisme. Il fonda Le Nouveau journal de Paris en 1827 où il soutint les causes libérales. A l’avènement de Louis-Philippe, il se montra l’un des fidèLire la suite…, un homme de beaucoup d’esprit, qui fut pendant quelques années directeur de l’Opéra et qui est aujourd’hui consul de France à Venise. Je causais avec lui, il y a deux mois, à Venise même, de questions d’art et de choses de théâtre, auxquelles ses nouvelles fonctions ne l’ont point rendu étranger, et comme il s’intéressait tout particulièrement à la Jolie Fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite…, dont les journaux annonçaient la prochaine représentation, je pris la liberté de lui demander le pourquoi d’un intérêt si vif. M. Léon PilletPillet, LeonLéon Pillet (Paris, 6 decembre 1803 – Venise, 20 mars 1868), journaliste, directeur. Il fit des études de droit puis se tourna vers le journalisme. Il fonda Le Nouveau journal de Paris en 1827 où il soutint les causes libérales. A l’avènement de Louis-Philippe, il se montra l’un des fidèLire la suite… me confia alors, mais non point sous le sceau du secret, qu’il avait traité le même sujet que M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, avant M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite…, et que son libretto, depuis longtemps terminé avait failli être mis en musique par M. le prince PoniatowskiPoniatowski, Joseph Michel Francois Xavier Jean, PrinceJoseph Michel François Xavier Jean Poniatowski (Rome, 20 février 1816 – Londres, 3 juillet 1873), prince, sénateur et compositeur. Fils naturel de Stanislas Poniatowski et de Cassandra Luci (il fut reconnu en 1822). Après des études en Toscane, il débuta sa carrière à Florence en 1838 commLire la suite…. Ce qui préoccupait surtout M. Léon PilletPillet, LeonLéon Pillet (Paris, 6 decembre 1803 – Venise, 20 mars 1868), journaliste, directeur. Il fit des études de droit puis se tourna vers le journalisme. Il fonda Le Nouveau journal de Paris en 1827 où il soutint les causes libérales. A l’avènement de Louis-Philippe, il se montra l’un des fidèLire la suite…, c’était de savoir si les épisodes et les caractères qu’il avait groupés dans son œuvre étaient précisément ceux que M. de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite… avait empruntés au roman de Walter Scott. Je ne pus lui donner là-dessus aucun renseignement ; mais aujourd’hui, et sans qu’il ait eu besoin d’attendre mon appréciation personnelle, M. Léon PilletPillet, LeonLéon Pillet (Paris, 6 decembre 1803 – Venise, 20 mars 1868), journaliste, directeur. Il fit des études de droit puis se tourna vers le journalisme. Il fonda Le Nouveau journal de Paris en 1827 où il soutint les causes libérales. A l’avènement de Louis-Philippe, il se montra l’un des fidèLire la suite… doit être complètement rassuré, la plupart de mes confrères ayant fait la même remarque que moi à propos du libretto de la Jolie Fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite…. S’il est une page du roman que je regrette de n’avoir pas retrouvée dans le libretto mis en musique par mon jeune ami M. Georges Bizet, c’est certainement la cérémonie des funérailles de Gilchrist Mac-Jan, le chef du clan de Quhele, et l’investiture de son fils Tachin, l’ancien apprenti de Simon Glover.

« Le nouveau chef, le jeune Mac-Jan, monta sur la barque qui avait si récemment transporté le défunt au lieu de sa sépulture, et les ménestrels firent retentir les airs de leurs chants les plus joyeux pour célébrer l’avènement de Tachin, de même qu’ils avaient fait entendre les sons les plus lugubres quand ils avaient accompagné Gilchrist au tombeau ; dans la flottille qui le suivait, des airs de triomphe remplaçaient les cris lamentables qui avaient, si peu de temps auparavant, troublé les échos du lac Tay. Mille acclamations saluèrent le jeune chef quand on le vit debout sur la poupe, armé de toutes pièces, dans la fleur de la beauté et de la jeunesse, là même où le corps de son père avait été entouré d’amis dans l’affliction et dont la bouche ne s’ouvrait maintenant que pour des cris d’allégresse. Une barque de la flottille se tenait toujours près de la berge d’honneur. Torquil du Chêne, géant à cheveux gris, en maniait le gouvernail et ses huit enfans, tous d’une taille au-dessus de l’ordinaire, en faisaient mouvoir les rames. »

Et quel saisissant tableau que celui du combat entre le clan de Chattan et le clan de Quhele, où l’on voit les fils de Torquil se faire tuer jusqu’au dernier pour défendre leur jeune chef contre le gow-chrom Henry Smith.

« Toute la forêt du Chêne tombera, branches, troncs et racines, avant qu’il porte la main sur mon fils nourricier, s’écrie Torquil. Placez-vous autour de lui, mes fils ! Bas air son Eachin! mourons pour Hector!… Eachin, le lâche Eachin paraît se ranimer et crie d’un ton ferme à ses joueurs de cornemuse : Seid suas! Sonnez de vos instrumens!… » Les sons sauvages du pibroch annoncèrent de nouveau la charge… La fureur des armes, la rage et le désespoir s’emparèrent ensuite des ménestrels. Les deux joueurs de cornemuse, qui pendant tout le combat avaient fait tous leurs efforts pour ranimer le courage de leurs concitoyens, voyant la querelle presque terminée faute de bras pour la soutenir, jetèrent leurs instrumens et se précipitèrent l’un contre l’autre, le poignard à la main. Chacun d’eux songeait à donner la mort à son adversaire plutôt qu’à se défendre ; le musicien du clan de Quhele fut tué presque sur-le-champ et celui du camp de Chattan tomba mortellement blessé au même instant. Il ramassa pourtant son instrument, et les sons expirans de son pibroch continuèrent à animer les combattans jusqu’au moment où la vie abandonna celui qui les faisait entendre. L’instrument dont il se servit, ou du moins la partie qu’on appelle le chalumeau, se conserve encore aujourd’hui dans la famille d’un chef montagnard, où elle est en grande vénération sous le nom de Federan Dhu ou le chalumeau noir.»

Certes, ce n’est pas un pareil tableau que rappelle la provocation adressée par l’apprenti de maître Glover à l’armurier Henry Smith, pas plus que nous ne retrouvons dans la coquette Catherine la jeune fille attentive aux sermons du moine Clément, et qui était, « malgré la douceur et la bonté naturelle de son caractère, accompagnée de plus de réserve que de gaîté, même dans la compagnie de ses égaux. » Je ne veux pas recourir à d’autres citations et à d’autres comparaisons pour prouver que le libretto de la Jolie Fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite… est dû tout entier à l’imagination de MM. AdenisAdenis-Colombeau, Jules dit Jules AdenisJules Adenis-Colombeau dit Jules Adenis (Paris, 28 juin 1821 – Paris, 7 février 1900), journaliste, librettiste et auteur dramatique. Il étudia au Collège royal de Bourbon puis fut engagé comme employé de la manufacture de Saint-Gobain tout en s’essayant au journalisme, de 1847 à 1849, danLire la suite… et de Saint-GeorgesSaint-Georges, Jules-Henri Vernoy deJules-Henri Vernoy de Saint-Georges (Paris, 7 novembre 1799 – Paris, 23 décembre 1875), auteur dramatique, librettiste. Il écrivit d’abord un roman puis il se tourna vers la scène et écrivit plusieurs comédies, drames et vaudevilles et produisit pendant cinquante ans des livrets d’opéras eLire la suite….

Dans un de mes précédons feuilletons, à propos de la situation qui est faite aux prix de Rome, je parlais de M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite… comme ayant eu la chance exceptionnelle d’arriver au théâtre avec une partition en trois actes. Son premier ouvrage s’appelait les Pécheurs de perles Pêcheurs de perles, LesLes Pêcheurs de perles, opéra en trois actes sur un livret de Eugène Cormon et Michel Carré mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 30 septembre 1863.Lire la suite…; on ne l’a pas oublié. Et voilà que trois ans à peine après ce début plein de promesses, M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite… nous donne une œuvre nouvelle, ayant même écrit dans l’intervalle un opéra, en cinq actes, Ivan-le-TerribleIvan IV le terribleIvan IV le terrible, opéra en cinq actes sur un livret de François-Hippolyte Leroy et Henri Trianon mis en musique par Charles Gounod. L’œuvre composée entre 1856 et 1858 ne fut pas représentée et Gounod réemploya certains morceaux dans d’autres œuvres. La partition vendue aux enchères Lire la suite…, dont la représentation a été ajournée pour des motifs que j’ignore, et un très grand nombre d’arrangemens et de transcriptions où se révèlent le goût et l’habileté d’un excellent musicien. Entre autres mérites, M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite… a donc celui de la fécondité, et je l’en félicite, car c’est un mérite assez rare et que dédaignent seuls ceux qui ne le possèdent point. Mais ce n’est pas par la rapidité avec laquelle il produit que mon jeune confère s’impose à l’attention des directeurs et à l’estime des musiciens sérieux. Quand la science musicale n’a plus eu de secrets pour lui, il a demandé à l’étude des grands maîtres cette nourriture forte et vivifiante sans laquelle les intelligences, même les plus supérieures, finissent par s’étioler et s’éteindre. Et comme M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite… a su comprendre qu’il existe aujourd’hui des maîtres qui, malgré les violentes critiques dont ils sont l’objet, ne font que continuer l’œuvre de ceux qui les ont précédés, il n’a pas assigné une date rétrospective au but de ses études et de ses admirations. Aussi suis-je bien éloigné de faire à l’auteur de la Jolie fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite… le reproche de son éclectisme ; il est à un âge ou les hésitations sont permises, et si sa position ne l’autorise pas encore à être extrêmement sobre de toute concession faite au goût du public et à la virtuosité de certains artistes, ce ne sont là, à mes yeux, que des défauts de jeunesse dont le temps le corrigera, et dont lui-même, si on lui demandait sa profession de foi sur l’art musical, serait le premier à s’accuser. Ceci me met fort à l’aise pour analyser la partition de la Jolie fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite….

Une courte préface, que l’auteur a intitulée Prélude, nous prépare à une instrumentation ingénieuse et à de fines harmonies. Au lever du rideau, les forgerons chantent un chœur vigoureusement rhythmé, dont le motif est repris ensuite par les basses sur un contresujet exécuté par les premiers ténors. Les sympathies de M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite… pour les formes nouvelles s’affirment dans le récit mélodique de Henry Smith, et nous les retrouverons, plus accentuées encore, dans l’air que chante Ralph à la fin du second acte. Je passe sur les couplets de la bohémienne, pour citer le petit trio qui finit en quatuor, un morceau de quelques mesures tout à fait réussi, et que je préfère certainement à l’air de Catherine, sorte de polonaise hérissée de trilles, de vocalises et autres ornemens pour lesquels, M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite… le sait bien, je n’ai pas un goût très prononcé. Il y a beaucoup de charme et de tendresse dans le duo entre Catherine et Henry, de la grâce et de la distinction dans le trio suivant, où la progression de la colère de l’armurier est habilement ménagée. Après un quatuor remarquable par l’agencement des voix et une petite chanson pleine de verve et très spirituellement écrite, arrive le finale dans lequel le thème de la chanson bachique, répétée à l’unisson par Simon Glover et son apprenti, sert de base à un motif mélodique d’un rhythme et d’un caractère tout différens.

Le second acte est incontestablement le meilleur de la partition ; il débute par une ronde de nuit (la patrouille des bourgeois) dont le style musical et l’instrumentation piquante rendent tout à fait le côté comique. On a bissé la danse bohémienne, morceau d’orchestre très coloré et très original, qui, bien que composé d’un seul motif passant du mineur au majeur, et dont le rhythme varie à mesure que le mouvement devient plus rapide, offre le double caractère des danses d’Orient et des tarentelles italiennes. J’aime beaucoup l’entrée des voix à bouche fermée sur la péroraison de ce petit bijou symphonique. Les couplets de Mab sont charmans :

Les seigneurs de la cour

Font, hélas ! mon doux maître,

De l’amour,

Le désir d’un seul jour

Qui meurt au moment de naître.

Et je signale les traits caressans exécutés par les premiers violons entre chaque phrase de ces couplets. Après la sérénade d’Henry Smith, dont la seconde partie, pleine d’élan et de passion, me semble préférable à la première, vient l’air de Ralph, où le compositeur montre une science et un sentiment dramatiques dignes des plus grands éloges. Il y a, dit-on, dans RigolettoRigolettoRigoletto, opéra en trois actes sur un livret en italien de Francesco Maria Piave, d’après Le Roi s’amuse de Victor Hugo, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 11 mars 1851.Lire la suite… une situation identique ; je n’y ai pas songé en écoutant la belle et bonne inspiration de M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite…, qui m’a paru, au contraire, présentée dans une forme toute nouvelle. Un orchestre de danse, placé dans la coulisse, accompagne le joli chœur que chantent au troisième acte le duc de Rothsay et la bohémienne. Il y a là de jolis accouplemens de timbres : la flûte, le hautbois et la clarinette jouant à l’unisson et accompagnés par des arpèges de harpes. Le chœur du défi, qui commence le quatrième acte, est peut-être une des meilleures pages de la partition : c’est un morceau bien développé et supérieurement écrit pour les voix ; un autre chœur, celui de la Saint-Valentin, a cette fraîcheur et cette élégance dont M. GounodGounod, CharlesCharles Gounod (Paris, 17 juin 1818 – Saint-Cloud, 18 octobre 1893) compositeur. Gounod étudia le piano avec sa mère et la composition et l’harmonie en privé avec Reicha tout en faisant d’excellentes études classiques au Lycée Saint-Louis à Paris. Après avoir obtenu son baccalauréat, il Lire la suite… a donné de si heureux exemples à M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite… dans la Reine de SabaReine de Saba, LaLa Reine de Saba, opéra en quatre actes sur un livret de Michel Carré et Jules Barbier mis en musique par Charles Gounod et créé à l’Opéra de Paris le 28 février 1862.Lire la suite… et dans MireilleJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite…. Il ne s’agit pas ici de réminiscences, bien entendu.

J’ai dit souvent combien était aride l’analyse d’une partition. Je le répète encore aujourd’hui, et j’ai une excellente excuse pour ne pas aller plus loin : l’œuvre de M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite… a été publiée le lendemain de la première représentation par l’habile et intelligent éditeur ChoudensChoudens, Antoine deAntoine de Choudens (Genève, 15 janvier 1825 – Paris, 16 novembre 1888), éditeur de musique. Il fonda à Paris en 1845 une maison d’édition de musique en reprenant le fonds des éditions d’Antonio Pacini, son beau-père. Il publia la plupart des œuvres de Gounod et beaucoup d’œuvres de Lire la suite…. Tous ceux qui aiment la musique bien faite et qui ont une bibliothèque s’empresseront de donner à la Jolie Fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite… une place à côté des ouvrages les plus estimés, et, en lisant cette partition du jeune maître, ils pourront se convaincre de la sincérité de mes éloges, et combler en même temps les lacunes de mon compte-rendu. L’exécution de l’œuvre nouvelle, que le Théâtre-Lyrique a montée d’ailleurs avec un très grand soin, est à peu près irréprochable ; mais on a regretté généralement, malgré tout le talent dont a fait preuve Mlle Devriès, que Mme Carvalho n’ait pas offert à M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite… de chanter le rôle de Catherine. C’eût été pour l’éminente cantatrice une nouvelle occasion de nous faire admirer toute la souplesse, tout le charme de son beau talent, et nous ne nous consolerons pas, en entendant Mme Carvalho dans la FanchonnetteFanchonnette, LaLa Fanchonnette, opéra-comique en trois actes sur un livret de Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, mis en musique par Louis Clapisson et créé au Théâtre-Lyrique le 1er mars 1856.Lire la suite… de ne pas l’avoir entendue dans la Jolie Fille de PerthJolie Fille de Perth, LaLa Jolie Fille de Perth, opéra en quatre actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jules Adenis mis en musique par Georges Bizet et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 26 décembre 1867.Lire la suite….

M. BagierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune considLire la suite… intente, dit-on, un procès à la France Musicale. Si le tribunal décide, contrairement à l’opinion exprimée par le directeur de ce journal, que les belles soirées du Théâtre-Italien sont revenues, la France Musicale sera condamnée ; mais ne pourrait-il pas arriver, dans ce cas, que la critique, rendue fort circonspecte par la décision des juges, ne se tienne à l’avenir vis-à-vis du théâtre de M. BagierBagier, Charles-ProsperCharles-Prosper Bagier (Niort/Deux-Sèvres, 8 mai 1811 – Paris, 31 mai 1881), agent de change et directeur. Il était le fils de François Bagier, sellier à Niort et de Renée Mathieu son épouse ; on sait très peu de choses sur sa formation. Il devint agent de change et fit une fortune considLire la suite… sur une prudente réserve ? Et alors on lira des comptes-rendus dans le genre de celui-ci : « Le baryton StellerSteller, FrancescoFrancesco Steller ( ? – ?), baryton. Il se produisit sur les scènes des théâtres d’Italie puis à Moscou et à Barcelone (mars 1863) avec beaucoup de succès. Du 10 décembre 1867 à la fin mars 1868, il fut engagé au Théâtre-Italien de Paris puis au Théâtre de Trieste, avant de reveniLire la suite… a débuté dans un Ballo in mascheraUn ballo in mascheraUn ballo in maschera, opéra en trois actes sur un livret en italien d’Antonio Somma mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre Apollo à Rome le 17 février 1859. Le livret s’inspire du livret d’Eugene Scribe Gustave III, ou le bal masqué, dont il transpose l’action de StockhLire la suite…, et MlleAdelina PattiPatti, Adela-Juana-Maria dite AdelinaAdela-Juana-Maria dite Adelina Patti (Madrid, 10 février 1843 – Craig-y-Nos près de Brecon/Pays de Galles, 27 septembre 1919), soprano. Peu après sa naissance, sa famille émigra aux États-Unis, où elle étudia le chant dès l’âge de neuf ans. Elle débuta à New York dans le rôle-titre de Lire la suite… a chanté pour la première fois le rôle de dona Sol dans ErnaniErnaniErnani, opéra en quatre actes sur un livret de Francisco Maria Piave,d’après Hernani de Hugo, mis en musique par Giuseppe Verdi et créé au Théâtre La Fenice de Venise le 9 Mars 1844 et au Théâtre-Italien à Paris le 6 janvier 1846.Lire la suite…. » Ce laconisme ne satisfera certainement pas l’amour-propre de certains artistes ; seulement il ne sera pas sans bénéfices pour quelques uns.

E. REYER.

J’ai annoncé la publication de l’opéra de M. BizetBizet, GeorgesAlexandre-César-Léopold-Georges Bizet (Paris, 25 octobre 1838 – Bougival/Seine-et-Oise, 3 juin 1875), compositeur. Il étudia au Conservatoire de Paris, où il obtint un 1er prix de piano en 1851 puis un 1er prix d’orgue et de fugue en 1855. Il concourut avec Le Docteur Miracle pour le prix dLire la suite…. J’annonce également que la partition des BleuetsBleuets, LesLes Bleuets, opéra-comique en quatre actes sur un livret d’Eugène Cormon et Henri Trianon mis en musique par Jules Cohen et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 23 octobre 1867.Lire la suite… est en vente chez l’éditeur Léon EscudierEscudier, LéonLéon Escudier (Castelnaudray, 15 septembre 1815 – Paris, 22 juin 1881), journaliste et éditeur de musique. Avec Marie Escudier ils fondèrent en 1837 le périodique La France musicale, qui soutint l’école musicale italienne. En 1843, ils créèrent une maison d’édition, le Bureau Central dLire la suite…. L’ouvrage de M. Jules Cohen a disparu de l’affiche le lendemain du jour où Mlle NilssonNilsson, ChristineChristine Nilsson (Sjöabol, près de Växjö/Suède, 20 août 1843 – Stockholm, 22 novembre 1921), soprano. Elle étudia le chant avec Franz Adolf Berwald à Stockholm puis vint se perfectionner à Paris auprès de Victor Massé et d’Enrico Delle Sedie. En 1864, elle débuta dans le rôle-titre dLire la suite… a quitté le Théâtre-Lyrique. On sait maintenant où retrouver la partition des BleuetsBleuets, LesLes Bleuets, opéra-comique en quatre actes sur un livret d’Eugène Cormon et Henri Trianon mis en musique par Jules Cohen et créé au Théâtre-Lyrique de Paris le 23 octobre 1867.Lire la suite….