Marie-Louise-Joséphine de Bourbon, reine d’Etrurie

Marie-Louise-Joséphine de Bourbon (Ségovie, 6 juillet 1782 – Rome, 13 mars 1824), reine d’Étrurie. Elle était la fille du roi d’Espagne Charles IV et de son épouse Marie-Louise de Parme. Elle descendait de Louis XIV par son père et de Louis XIV et Louis XV par sa mère, qui était la sœur de Ferdinand Ier, duc de Parme. Elle épousa son cousin germain Louis de Bourbon, prince héritier de Parme et fils de Ferdinand Ier, le duc régnant de Parme. Par le traité d’Aranjuez (21 mars 1801), Ferdinand Ier remit le duché de Parme, avec Plaisance et Guastalla, à la France de Napoléon Bonaparte, alors premier consul, et son fils reçut en échange le grand-duché de Toscane qui devint le royaume d’Étrurie. Ferdinand III, grand-duc de Toscane et frère cadet de l’empereur romain-germanique François II de Habsbourg, reçut en compensation les territoires ecclésiastiques de l’archevêché de Salzbourg sécularisés. Louis de Bourbon décéda en 1803 et Marie-Louise, reine d’Étrurie, devint régente au nom de son fils Charles-Louis, qui n’avait que quatre ans. Marie-Louise régna à Florence jusqu’en 1807 quand Napoléon Ier par le traité de Fontainebleau (27 octobre 1807) annexa l’Étrurie, qu’il renomma grand-duché de Toscane, et mit à sa tête sa propre sœur Élisa. Marie-Louise rejoignit alors sa famille en Espagne. Napoléon Ier envahit l’Espagne, déposa le roi Charles IV et son fils Ferdinand VII et en échange de leur renonciation à toute réclamation leur donna une grande pension et une résidence à Compiègne et au château de Chambord. Il donna ensuite l’Espagne à son frère Joseph Bonaparte. Marie-Louise fut installée à Compiègne (juin 1808). Quelque temps plus tard, elle fut transférée à Nice et mise sous surveillance. Accusée d’avoir tenté de fuir en Angleterre, elle fut arrêtée le 26 juillet 1810, séparée de son fils et condamnée à l’emprisonnement au couvent Santi Domenico e Sisto, près du Quirinal à Rome, le 14 août 1811. Ce ne fut qu’après la chute de Napoléon qu’elle fut libérée, le 14 janvier 1814. Par l’acte final du congrès de Vienne, signé le 9 juin 1815, les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla furent attribués à l’épouse de Napoléon, Marie-Louise d’Autriche ; Modène et la Toscane revinrent au grand-duc Ferdinand III qui les avait perdus par le traité d’Aranjuez de 1801. En compensation, Marie-Louise de Bourbon, ex-reine d’Étrurie, reçut le duché de Lucques. De 1817 à 1824, la duchesse de Lucques, résidant à Lucques en été et à Rome en hiver, développa les travaux publics pour embellir son duché et développa les arts et les sciences. En 1820, elle arrangea le mariage de son fils avec Marie-Thérèse de Savoie, une des filles jumelles de Victor Emmanuel de Sardaigne. Elle mourut d’un cancer en 1824 et son fils lui succéda.