Cauchon, Pierre

Pierre Cauchon (Reims, 1371 – Rouen, 18 décembre 1442), évêque. Vers 1385, il vint à Paris pour y poursuivre des cours à la faculté des arts puis il étudia le droit canonique et la théologie. Il fut élu recteur à 26 ans et fut réélu deux fois à cette fonction. Maître ès arts, licencié en droit canonique, il intégra la faculté de théologie en 1398. Il reçut les ordres mineurs puis la tonsure de prêtre en 1404. En 1407, il fit partie d’une mission envoyée par le roi de France lors du grand schisme d’Occident pour tenter une réconciliation des deux papes rivaux, Benoît XIII et Grégoire XII, mais sans succès. De 1410 à 1420, il reçut une prébende de vidame auprès du chapitre de Reims. Il fit partie des théologiens qui, après l’assassinat du duc d’Orléans, frère du roi Charles VI, par son oncle Jean sans Peur, duc de Bourgogne, le 23 novembre 1407, manœuvrèrent pour réhabiliter le duc de Bourgogne et justifier ce meurtre. Devenu le soutien du duc de Bourgogne, Cauchon fut envoyé par ce dernier en 1415 en ambassade au concile de Constance, pour mettre fin au schisme en appuyant l’élection du pape Martin V (11 novembre 1417). Suite à l’assassinat de Jean sans Peur sur le pont de Montereau (10 septembre 1419), les Bourguignons se rapprochèrent des Anglais et Cauchon participa aux pourparlers qui aboutirent le 21 mai 1420 au traité de Troyes, où le dauphin Charles (futur roi Charles VII) fut déshérité au profit du roi d’Angleterre Henry V, destiné à devenir roi de France au décès du roi Charles VI. Le 30 août 1420, le pape Martin V nomma Cauchon évêque de Beauvais. Il devint conseiller du roi d’Angleterre Henry V, qui décéda le 31 août 1422, peu avant le décès du roi de France Charles VI le 21 octobre de la même année. Le fils du roi Henry V n’étant âgé que 10 mois, ce fut le duc de Bedford qui devint régent du royaume de France pour le compte de Henry VI ; Cauchon en fut officieusement le conseiller ecclésiastique. En août 1429, la ville de Beauvais s’étant ralliée à roi de France Charles VII, Cauchon partit pour Rouen, où siégeait le gouvernement anglais de la France. Le duc de Bedford envoya Cauchon en ambassade pour ramener d’Angleterre le roi Henry VI, alors âgé de neuf ans. A son retour, il apprit la capture près de Compiègne de Jeanne d’Arc (le 23 mai 1430). Il fut mandaté par les Anglais pour négocier la rançon de Jeanne d’Arc. Ceux-ci obtinrent des États de Normandie une aide financière sur laquelle ils prélevèrent la rançon demandée par les Bourguignons (dix mille livres) puis, par lettre royale du 3 janvier 1431, ils abandonnèrent Jeanne d’Arc à la justice ecclésiastique, en la personne de Cauchon qui fut enjoint d’ôter toute sa crédibilité à Jeanne. Le procès s’ouvrit le 21 février mais comme Jeanne tint bon, Cauchon, s’acharnant à perdre Jeanne, écarta tout élément favorable à l’accusée en allant jusqu’à soumettre comme acte d’accusation un texte tendancieux rédigé le 14 mars aux docteurs parisiens de l’Université pour obtenir leur avis. L’avis fut favorable à Cauchon et Jeanne d’Arc fut brûlée comme hérétique. Cauchon demeura ensuite auprès des Anglais. Il accompagna le cardinal de Winchester pour sacrer le jeune roi Henry VI à Notre-Dame de Paris le 16 décembre 1431. Ne pouvant retourner dans son évêché de Beauvais, il obtint du pape Eugene IV en 1432 l’évêché de Lisieux, où il finança sur ses fonds personnel la reconstruction de la chapelle Notre-Dame de la cathédrale Saint-Pierre de Lisieux. En 1433, il participa aux négociations manquées à Calais pour la libération de Charles, duc d’Orléans, prisonnier des Anglais depuis la bataille d’Azincourt 18 ans auparavant. En août 1434, il fut envoyé comme ambassadeur au concile de Bâle et à son retour, il fut chargé par les Anglais de les représenter dans les négociations avec les Bourguignons et les Français pour l’arrêt de la guerre qui épuisait tous les protagonistes. Au début de 1436, Cauchon et trois évêques furent chargés de gouverner Paris au nom d’Henry VI mais quand en avril 1436 les parisiens ouvrirent leurs portes au connétable de Richemont pour le compte du roi Charles VII, il dut s’enfuir. Réfugié à la cour d’Angleterre, il fut chargé par le roi Henry VI de négocier avec le roi Charles VII de 1438 à 1440, mais échoua. Il décéda subitement le 18 décembre 1442, alors qu’on lui rasait la barbe.