Bruat, Armand-Joseph
Armand-Joseph Bruat (Colmar, 26 mai 1796 – Messine/Sicile, 19 novembre 1855), amiral. Fils d’un juge au tribunal civil d’Altkirch en Alsace, il passa son enfance dans le sud de l’Alsace et, à l’âge de quinze ans, entra au service de la marine à bord du vaisseau-école de Brest. En 1815, il fit une campagne à Copenhague, aux Antilles et au Brésil puis de 1817 à 1819 servit à bord de la corvette l’Espérance, qui faisait partie de la station du Levant, et fut nommé enseigne de vaisseau. De 1819 à 1824, il fut officier de manœuvres sur divers vaisseaux. En 1824, il fit une campagne dans l’Océan Pacifique et participa à la prise du corsaire Général Quintanilla, ce qui lui valut d’être fait lieutenant de vaisseau. En 1827, il se distingua lors de la bataille navale de Navarin des forces françaises, russes et anglaises contre celles de l’empire ottoman, fut décoré et obtint l’année suivante le commandement du brick le Silène. Attaché à la station de Lisbonne, il reçut en mai 1838 sa nomination de capitaine de vaisseau et passa sous les ordres de l’amiral Julien-Pierre-Anne Lalande, dont il fut le capitaine de vaisseau durant la crise d’orient (1839-1841). Il épousa Caroline-Félicie Peytavin le 2 décembre 1841 à Paris et fut nommé consul à Tahiti en 1843, en remplacement de Jacques-Antoine Moerenhout, puis au gouvernement des îles Marquises et au commandement de la subdivision navale. Nommé ensuite gouverneur des établissements de l’Océanie, il réussit à faire accepter par la reine de Tahiti, Pōmare IV, le protectorat de la France en 1847. En 1849, il fut nommé gouverneur des Antilles et maintint l’ordre et le travail dans les colonies, malgré la récente émancipation des esclaves. Il participa à la guerre de Crimée, reçut la médaille militaire suite à une expédition hardie dans la mer d’Azov et se distingua par la prise de Kinbourn (17 octobre 1855) avant de mourir du choléra un mois plus tard.