Fau, Antoine-Louis-Julien

Antoine-Louis-Julien Fau, dit Julien Fau (Londres, 9 avril 1811 – Paris, 10 février 1880), médecin. Je dois les renseignements sur le Dr. Fau à l’obligeance de M. Thierry Maniguet, conservateur, responsable de l’équipe conservation-recherche du Musée de la Musique de Paris que je remercie vivement et cite in extenso.

« Il s’agit d’Antoine Louis Julien Fau, dit Julien Fau, né à Londres le 9 avril 1811 et décédé à Paris le 10 février 1880. Fils de Pierre Fau (Nice, vers 1780 – Paris, 28 octobre 1856) et d’Angélique Marie Mallet († Paris, 11 juillet 1854), il est le benjamin d’une fratrie comprenant Pierre Joseph, dit Joseph (Gibraltar, vers 1808 – Paris, 3 septembre 1883), son aîné, et Pierre Henri Hippolyte, dit Hippolyte (Londres, 10 mai 1816 – 2 décembre 1876), son cadet.

La famille Fau s’installe à Paris entre 1816 et le début des années 1830 et semble jouir d’une certaine aisance. Pierre Fau, rentier parisien, acquiert en 1844 le château de Champlâtreux, situé sur la commune de Saintry-sur-Seine (Essonne), aujourd’hui disparu. Joseph Fau est mentionné comme rentier et artiste peintre ; il expose aux Salons de 1831, 1835, 1875, 1876 et 1877. Hippolyte, d’abord employé lors de son mariage en 1838, est qualifié de rentier à partir de la quarantaine et réside notamment au Havre, où il passe une grande partie de sa vie.

Julien Fau est admis docteur en médecine à Paris le 11 août 1837, sans qu’il soit possible d’établir avec certitude qu’il ait effectivement exercé cette profession, puisqu’il est mentionné comme rentier dès le milieu des années 1850. Il réside durant la majeure partie de sa vie dans l’actuel 9ᵉ arrondissement de Paris, d’abord rue Bleue, puis boulevard Haussmann, et possède également, de 1857 à 1875, une maison de campagne située rue de Longchamp à Neuilly-sur-Seine. Marié à Marie-Louise Eugénie Langry (Clermont, 12 juillet 1843 – Paris, 24 février 1923), il meurt sans descendance.

Ses publications témoignent de l’étendue de ses centres d’intérêt, à la croisée des arts, des sciences et des techniques. Dès 1842, il traduit de l’anglais un ouvrage de Charles Walker sous le titre Manipulations électrotypiques ou Traité de galvanoplastie. Dans le sillage de son maître, l’anatomiste et chirurgien Pierre Nicolas Gerdy (1797–1856), il publie en 1845 L’Anatomie des formes extérieures du corps humain, à l’usage des peintres et des sculpteurs. Destiné aux artistes, cet ouvrage connaît un succès durable et fait l’objet de nombreuses rééditions et augmentations : une sixième édition paraît du vivant de l’auteur, et il continue d’être enrichi jusqu’aux années 1910 ; il est par ailleurs traduit en anglais dès 1848. En 1854, soit une quinzaine d’années après la présentation du daguerréotype, il fait paraître Douze leçons de photographie. Parallèlement, il participe à des expérimentations scientifiques et au développement d’appareils de physique, comme en témoigne la publication, en 1853, avec Charles Louis Chevalier (1804–1859), du Nouveau manuel complet du physicien-préparateur, ou Description d’un cabinet de physique, où sont décrits plusieurs dispositifs conçus ou perfectionnés par lui.

Son intérêt pour la musique apparaît plus tardivement. Il est signalé en 1871, à l’occasion de la mise en valeur de certains de ses instruments dans le deuxième tome du Dictionnaire raisonné du mobilier français de Viollet-le-Duc, puis lors de la vente, en 1873, d’une centaine d’instruments au musée du Conservatoire de Paris, opération qui rencontre un certain écho dans la presse. Il est alors qualifié de violoniste amateur. Il semble avoir constitué l’essentiel de sa collection avant 1869, date à laquelle il entre en relation à Venise avec Pietro Antonio Luigi Correr (1821 – avant 1882), lui-même détenteur d’un important ensemble d’instruments italiens des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles émanant de Marco Contarini (1631-1689), procureur de Saint-Marc et influent mécène. Cet ensemble constitue encore aujourd’hui un fonds remarquable au sein des collections du Musée de la musique. »