Schœlcher, Victor
Victor Schœlcher (Paris, 22 juillet 1804 – Houilles/Yvelines, 25 décembre 1893), journaliste et homme politique. Fils d’un fabricant de porcelaine originaire de Fessenheim en Alsace, il étudia au lycée Condorcet de Paris et fit la connaissance de George Sand, Hector Berlioz et Franz Liszt. En 1829, voyageant en tant que représentant commercial de l’entreprise de son père, il découvrit à Cuba l’esclavage des noirs. Revenu à Paris, il en fit une description terrible dans La Revue de Paris du 1er janvier 1830, enjoignant de mettre fin à la traite des noirs. Suite à la mort de son père, en 1832, il hérita de la manufacture de porcelaine qu’il revendit pour se consacrer à son métier de journaliste. En 1833, il publia un ouvrage contre l’esclavage : De l’esclavage des Noirs et de la législation coloniale. De mai 1840 à juin 1841, il voyagea dans les Antilles et visita plusieurs exploitations agricoles (des plantations) tenues par des colons de métropole qui y habitaient et sur lesquelles travaillaient des esclaves. Il découvrit à Saint-James des habitations dont le domaine tout comme les esclaves étaient la propriété de l’Etat. Révolté, il publia en 1842 Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage. Il publia à la suite de nombreux articles contre l’esclavage dans Le Courrier Français, le Siècle, Le Journal des Economistes, L’Abolitioniste français et la Réforme entre autres, et regroupa ses textes dans son ouvrage Histoire de l’esclavage pendant ces deux dernières années, qui fut publié en 1847. En 1848, il fut nommé sous-secrétaire d’Etat à la Marine et aux colonies et président de la commission d’abolition de l’esclavage. Il fut l’instigateur du décret du 27 avril 1848, signé à l’Hôtel de la Marine, qui abolit définitivement l’esclavage en France. Ceci lui valut d’être élu en 1848 député à la fois de la Martinique et de la Guadeloupe. Il choisit la Martinique mais fut battu aux élections de 1849 ; il fut tout de même élu, en juin 1849, comme député de la Guadeloupe. Jusqu’au coup d’Etat de décembre 1851, il intervint à l’Assemblée nationale notamment en faveur des Noirs et pour l’abolition de la peine de mort. Farouche républicain, il s’exile sous le Second Empire en Angleterre, où il rassembla une importante collection de manuscrits de Georg Friedrich Haendel et publia une biographie du compositeur dans une traduction en anglais due à James Lowe (1857). Suite à l’abdication de Napoleon III, il revint en France et fut élu député de la Martinique en 1871. En avril 1871, il publia un appel pour que le gouvernement de Versailles choisisse la conciliation plutôt que l’affrontement avec la Commune. Il fut élu sénateur inamovible le 16 décembre 1875. Il déposa une proposition de loi pour abolir la bastonnade dans les bagnes. Cette proposition fut rejetée mais en 1880, les peines corporelles furent abolies. Il mourut à l’âge de 89 ans ; en 1949, ses restes furent transférés au Panthéon.