François Ier d’Angoulême

François Ier d’Angoulême (Cognac/Charente, 12 septembre 1494 – Rambouillet/Yvelines, 31 mars 1547), chef d’Etat. Il succéda en 1515 au roi Louis XII, dont il était cousin issu de germain par son père Charles d’Angoulême. Il avait épousé Claude de France, la fille ainée du roi Louis XII et d’Anne de Bretagne, en 1514. Il contribua à la diffusion des idées de la Renaissance italienne en passant commande à de nombreux artistes italiens tels que Benvenuto Cellini, Rosso Fiorentino, Le Primatice, Andrea del Sarto et Leonardo da Vinci qu’il installa au Clos Lucé près du château d’Amboise de 1516 à sa mort en 1519. Grand bâtisseur, il fit construire ou remanier huit châteaux (Amboise, Blois, Chambord, le Louvre, le Château de Madrid, Saint-Germain-en-Laye, La Muette et Fontainebleau). Il renforça l’autorité royale, jetant les bases de l’absolutisme. Par l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), il fit du français la langue officielle exclusive de l’administration et du droit en lieu et place du latin. Il créa en 1523 le Trésor de l’Epargne, caisse unique où sont versées toutes les recettes et où sont réalisées toutes les dépenses générales de l’Etat. Il put ainsi financer les guerres d’Italie qui occupèrent tout son règne. Son prédécesseur ayant perdu toutes les possessions françaises en Italie, François Ier revendiqua le Milanais et se lança dans les guerres d’Italie. La victoire de la bataille de Marignan le 15 septembre 1515 lui rendit le contrôle de la Lombardie. En 1519, Charles de Habsbourg empereur des romains fut élu empereur du Saint-Empire romain germanique et dès 1521 les premiers affrontements entre Charles-Quint et François Ier eurent lieu. En 1522, la France perdit le Milanais. En voulant le reconquérir, François Ier fut battu à la bataille de Pavie le 24 février 1525 et fait prisonnier. Par le traité de Madrid du 14 janvier 1526, il fut libéré en échange de ses deux fils ainés laissés en otages ; les affrontements entre les deux souverains reprirent. François Ier fit appel au sultan Soliman le Magnifique (1528) et initia des accords de coopération entre la France et l’Empire ottoman (appelés « les capitulations ») pour combattre efficacement la flotte espagnole en Méditerranée et obtenir des privilèges commerciaux pour la France (1536). La mort du duc de Milan, François II Sforza, fut l’occasion pour François Ier de revendiquer à nouveau l’héritage du duché, entraînant la reprise des affrontements avec Charles Quint. Ceux-ci ne furent résolus qu’en 1544 par le traité de Crépy-en-Laonnois : la France perdit sa suzeraineté sur la Flandre et l’Artois, renonça à ses prétentions sur le Milanais et sur Naples ; en contrepartie, Charles Quint abandonna ses prétentions sur la Bourgogne et ses dépendances et offrit de donner sa nièce en mariage à Charles II, duc d’Orléans, deuxième fils de François Ier, avec le Milanais en apanage. Malgré les nombreuses guerres ponctuant son règne, celui-ci fut marqué par un développement important des arts et des lettres en France, illustration de la « Renaissance française ».